30/04/2005

PDF

Suite à plusieurs remarques, j'ai fait un fichier PDF reprenant la totalité de l'histoire jusqu'à présent. Ce fichier se trouve dans la colonne de gauche, avec le bloc-notes et la carte.
 
J'espère que la découverte ou re-découverte de cette histoire vous sera agréable...
 
Isabelle qui a eu quelques petits problèmes ADSL et pas de connexion pendant la semaine pour poster mais qui poursuit l'enquête...
 
Au menu des prochains ajouts : Guy Van Abdij, retour en Espagne et réflexions intensives d'Aubry

16:13 Écrit par CSI | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

24/04/2005

Eric Kaulbl

Les infos obtenues sont dans le bloc-notes (accessible via le lien à gauche).
A venir : infos sur Guy van Abdij (analyses après exhumation) et retraçage de l'itinéraire des colis.
 
Suite du roman prévue pour mardi.
 
Bonne lecture et n'hésitez pas à poser des questions, formuler des hypothèses, etc...

Et pour l'accompagnement musical : Can't buy me love, adaptation de Michael Bublé, en écoute ci-dessous



14:20 Écrit par CSI | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

19/04/2005

News - News - News - News - News

Les réponses aux questions de Lo seront mises en ligne jeudi 21 avril dans le courant de la journée. Ces réponses seront consultables à partir du lien "bloc-notes" qui se trouve dans la colonne de gauche (Pense-bête de la Scène de Crime).
 
La suite du roman, elle, sera disponible à partir de samedi matin (ben oui, je sais je bosse pas vite....mais je fais pas que ça, moi ;op )
 
N'hésitez pas, d'ici là, de poser les questions qui vous viendraient à l'esprit, que cela ait un rapport avec l'affaire des foetus ou celle d'Espagne...
 
Quant à ceux qui auraient encore un peu plus de temps à tuer, voici deux sites que je vous recommande chaleureusement :  www.polarnoir.neuf.fr et www.auteursdunord.com
 
Et pour l'accompagnement musical : http://jazzfan.skynetblogs.be

22:32 Écrit par CSI | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/04/2005

Chapitre 6 - suite

Petite transition pour pouvoir répondre aux questions de Lo...et en même temps continuer le bouquin ;o)

 

Un mois auparavant encore, on m'aurait demandé ce que je préférais chez Interpol, j'aurais très certainement répondu un truc bateau du style :

- aider à rendre le monde plus sûr.

Le pire, c'est que ça n'aurait même pas été hypocrite !

Maintenant, on m'aurait posé la même question, la seule réflexion qui serait instantanément venue, c'est:

- la salle de sport !

Ca fait partie des avantages de bosser pour une organisation policière, ça.

A vrai dire, je connais la salle depuis mon entrée en fonction. Je crois même que c'est l'un des premiers locaux que Dury, un collègue, m'ait fait découvrir dans le bâtiment.

- Vous verrez, m'avait-il soufflé dans un sourire ultrabright, le vouvoiement toujours de mise ainsi qu'il convient lors des premiers jours de boulot, une fois qu'on commence, on ne peut plus s'arrêter. Et avec le prix que coûte un abonnement dans une salle privée, on remercie le ciel d'avoir nos propres facilités.

Evidemment, pour ne pas demeurer en reste de politesse et démontrer si besoin en était que l'éducation belge vaut bien la française, j'avais opiné d'un air vivement intéressé.

En réalité, je contemplais les rangées de tapis roulants, de "moonwalkers" et d'appareillages de muscu en me promettant bien de n'y toucher que le moins possible ! Comme tout le monde, j'avais bien eu des velléités de fitness quand je bossais encore en Belgique et je m'étais bravement abonnée dans un club mais l'expérience m'avait démontré trois choses.

a)D'abord, il n'y a rien de plus idiot que de se retrouver en rang d'oignons à courir sur des tapis face à un écran géant déversant la dernière connerie "musicale" du moment.

b)Ensuite, dès qu'on a le malheur de ne pas peser 120 kgs, d'avoir des dents déchaussées et un pif bouffé par les verrues, on se fait acoster par tout ce que la salle possède de testostéroné : gueule au carré, muscles saillants, guiboles poilues, les yeux en rayon X et une intense envie de se vider le short, sans biffer de mention inutile.

c)Enfin, le sauna c'est bien sympa mais se retrouver en tête à tête avec le serpent qui n'a qu'un oeil d'un "sportif" peu préoccupé par les ravages que peut causer l'eucalyptus à Popaul, ça a de quoi vous foutre en l'air la relaxation.

Et j'avais courageusement fui le temple du corps parfait, lui préférant des soirées certes moins actives mais plus à mon goût : une bonne bière entre copines et tant pis pour la ligne ! De toute façon, avec 52kgs pour 1m75, je n'avais vraiment pas de quoi me plaindre...

Or, là, ça devait faire deux ou trois semaines que je m'étais mise à fréquenter la salle de façon plus qu'assidue. Un lecteur mp3 sur les oreilles, j'arpentais des kilomètres de tapis tous les soirs, m'épuisant au rythme jazzy de mes morceaux préférés, ne m'arrêtant que lorsque le taux d'endorphine souhaité était enfin atteint.

Une raison à ça : fallait que je m'empêche de penser, de revenir sur le passé. A tout prix.

L'idée m'était venue ce soir-là, après avoir eu Fred au téléphone.

C'est bête mais il y a des choses qu'on ne sait pas jeter. C'est pas qu'on ne peut pas, non, on sait pas. C'est tout. Et moi, il y a des dizaines de trucs que je ne sais pas jeter : les peluches de quand j'étais petite, les cahiers d'école, les cartes postales - anniversaires, vacances, fêtes -, les bouquins (même ceux que j'ai pas aimé), les jouets Kinder, les vêtements (on sait jamais, que ça reviendrait à la mode)...et les photos.

Résultat : à chaque déménagement je trimballe une caisse de plus de choses inutiles, caisse qui ira rejoindre ses petites copines dans la cave du nouvel appartement, soigneusement rangée, numérotée, classifiée...et scellée à jamais.

C'est comme ça qu'après avoir raccroché, ce soir-là, j'ai balancé le reste du riz à la poubelle, enfilé un énorme pull en laine et une paire de chaussettes de ski/pantoufles et que je suis descendue fouiner dans la cave.

Quelques toiles d'araignée plus tard, j'étais de retour dans l'appartement, face à la caisse n°6 éventrée, celle qui contenait la totalité des choses inutiles de l'année 1997.

J'ai passé quatre heures à compulser chacun des albums : Liv' à la Fac, dans le Cercle de Droit, aux 24h vélo de Louvain-la-Neuve, sur le parking de l'ULB; Liv' souriant à l'objectif devant le T'Serclaes, sur la Grand'Place de Bruxelles, au Botanique avec des amis pour le Bal des Vampires; Liv' rayonnante devant une horreur en papier mâché au "Giardino dei Tarocchi", poseuse sur la Piazza Navona, frigorifiée à Ostende, exotique à Pointe-à-Pitre, crevée à Copenhague, saoule à une pendaison de crémaillère. Il y en avait des centaines, un véritable appel au narcissisme...sauf que la seule chose que je voyais sur ces photos, ça n'était pas moi mais la personne qui les avait prises. Des mois entiers disséqués par l'objectif étroit d'un vieil appareil photo. Une moitié sur papier glacé et l'autre dans le cerveau.

Le dernier album a été le plus difficile à ouvrir, et pourtant c'était celui que je voulais voir depuis le début, celui pour lequel j'avais fait défiler tous les autres. C'est un gros volume en skaï, une malheureuse imitation de cuir. Dire que je le trouvais tellement classe à l'époque...

Quand je l'ai ouvert, j'avais les mains qui tremblaient et ma respiration s'est étranglée à la première photo. Nom de Dieu ! Il avait fallu que je choisisse celle-là pour commencer l'album...Le Baiser de Doisneau...C'était lui qui me l'avait offerte, cette photo, juste parce qu'il m'avait vue la regarder avec envie. On en avait même fait une sorte de remake, au Bal de la fac de Droit, en plein milieu de la piste...

Les yeux m'ont picotée et j'ai senti mon nez se boucher à l'avance. Merde ! Pas après autant de temps ! C'est quand la prescription, pour ce genre de conneries ?

A trois heures du matin, j'avais chopé un sérieux rhume et complètement ruiné mon planning repos de la semaine. Le pire, c'est que tout ça ne m'avait ni soulagée ni rassurée parce que je me posais de nouveau les mêmes questions, celles qui commencent toujours par "pourquoi".

Alors j'ai tout rangé, planqué la caisse dans un coin du salon et je suis allée me brosser les dents. J'ai même pas osé me regarder dans le miroir. Avec mes cheveux en pétard et les yeux gonflés, je ressemblais certainement plus à Coco Lapin qu'à Jessica Rabbit...

En me couchant, je me suis foutue un bon coup-de-pied-au-cul mental.

- t'as intérêt à trouver un moyen pour retomber sur tes pattes, ma fille, sinon tu vas encore t'en prendre plein dans la tronche pour pas un balle.

Le lendemain, j'arrivais au boulot avec mon sac de sport, au grand étonnement de mon boss qui, le premier, avait entendu mes réflexions sarcastiques sur l'abrutissement par le sport.

Mais justement...

 

Il était 21h30 quand je suis sortie des vestiaires, shootée aux endorphines, tranquillou dans un charmant petit training rose et gris très tendance. Mon boss appartenant au clan des noctambules d'Interpol, il est très fréquent qu'il me raccompagne chez moi quand je m'attarde au bureau ,et ces derniers temps, j'étais devenue une habituée des "taxis Lane".

Les cheveux encore humides et les membres complètement engourdis par la douche, j'ai pris l'ascenseur jusqu'à notre aile du bâtiment. Déserte. Pour une raison quelconque, Lane m'avait apparemment crue partie depuis longtemps et n'avait pas prêté attention au manteau qui traînait dans mon bureau.

Du coup, mon taxi envolé, je me retrouvais plus ou moins coincée...

- Scheiss !

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, j'ai rallumé mon ordi : si je n'allais pas au taxi, le taxi viendrait à moi. Mais pour ça, il me fallait les pages jaunes et donc le Net, puisque j'avais refusé tout annuaire papier dans mon département, arguant que ceux-ci dépérissaient trop vite et que je ne voulais pas participer plus avant dans la déforestation de la France. Une connerie, soit dit en passant, puisque les annuaires sont faits en papier recyclé...mais bon.

Je venais juste de taper mon login quand j'ai entendu l'ascenseur s'ouvrir dans le couloir. Je n'y ai pas prêté attention, croyant que c'était simplement le service de nettoyage, jusqu'à ce que j'entende le timbre si particulier de Matthew Leroy, Specialized Police Officer Co-ordinator de la Cellule ADN.

- Hey ! Liv' ! Qu'est-ce que tu fais encore ici à cette heure ?

Il avait l'air satisfait. Crevé, mais satisfait. La plupart du temps, quand il nous sortait une mine aussi enjouée, c'est qu'il était sur une piste, et une bonne.

- Oublié de réserver mon taxi, tout à l'heure, ai-je plaisanté, contente de voir une figure amie et réalisant que je n'aurais peut-être pas à commander de voiture.

Il a secoué la tête en levant les yeux au ciel.

- Laisse tomber, ma grande, je te raccompagne, si tu veux....mais à trois conditions.

- Lesquelles ?

Il a tiré le fauteuil visiteur près de mon bureau, face à la porte et s'est laissé tomber dedans.

- On vient juste de rentrer d'Augsbourg, alors laisse-moi le temps de récupérer un peu parce que j'ai le dos en compote.

- Augsbourg ? C'est pour l'affaire des foetus ?

- Justement, j'y viens. La deuxième condition, c'est qu'il me faut la totalité de ce qu'on peut trouver sur Eric Kaulbl : antécédents familiaux, bilan médical, situation professionnelle exacte. Il me faut son pedigree en entier. Je suis persuadé qu'on a trouvé !

Là, il m'a quand même fallu un petit temps de pause pour évaluer la portée de sa demande. Des recherches aussi complètes sur une personne, ça allait me prendre une journée au minimum. Dans les films, les gentils ont toujours un arsenal ultra-perfectionné leur permettant d'obtenir toutes les infos possibles sur une personne, jusqu'à la marque de ses petites culottes. La réalité est bien différente...

- OK, tu auras ça demain en fin de journée, ai-je pourtant répondu, confiante et prête à lui faire les promesses les plus folles pourvu de rentrer vite et bien me mettre un bon morceau de poulet sous la dent. Quoi d'autre ?

- Trouver un hôtel pour notre invité, a baillé Leroy avant d'ajouter d'un air goguenard : à moins que tu ne préfères l'accueillir chez toi...

J'ai senti le sang déserter ma figure tandis que je demandais d'une voix blanche, connaissant déjà la réponse :

- notre invité ? quel invité ?

Leroy n'a pas eu besoin de répondre, il s'est juste étiré en désignant la porte du menton. Aubry entrait, un coca dans chaque main. Il en a tendu un à Matthew.

- Salut, Liv'. Si j'avais su, j'en aurais ramené un autre.

Merde, merde, merde, merde ! Et moi, si j'avais su, je me serais pas sapée comme une guimauve. Je me sentais conne, là, tout à coup, et mon training avait l'air de tout sauf charmant.

Ah ouais, quel air digne, la miss d'Interpol, avec son allure de rat mouillé...

- Bof, pas grave, ai-je quand même articulé avec la désagréable impression de buter sur chaque mot. Je viens juste de finir un litre d'Evian.

- Tu reviens de la salle de sport ? a enchaîné Matthew entre deux gorgées.

- Nan, j'avais envie de tester le look Britney Spears, ai-je lâché, plus par réflexe que par volonté.

Aubry s'est adossé au mur et a souri, les yeux fixés sur sa canette avant de s'en accorder une longue gorgée.

- Ok, ai-je changé de sujet. Qu'est-ce qu'il faut comme hôtel ?

- Oh, faut pas faire de chichis, hein. Tant que j'ai de quoi pieuter, c'est bon, a lancé Aubry, devançant Leroy qui commençait à somnoler dans son coin, la cannette penchant dangereusement.

- Yep, a confirmé ce dernier d'une voix rendue pâteuse par la fatigue et les kilomètres avalés.

Aubry paraissait en meilleure forme mais j'aurais parié qu'il était autant, voire plus, crevé que l'autre. Il le cachait mieux, c'était tout. Déjà à l'unif, il était comme ça, toujours le dernier couché.

A 22h15, l'hôtel était réservé et on pouvait enfin partir. Matthew ronflait gentiment dans le fauteuil, il s'était endormi vers 21h45 et son coca avait été mis en lieu sûr par un Aubry prudent.

Pendant la demie-heure où nous sommes resté en tête à tête, nous n'avons pas échangé un mot mais je sentais son regard sur ma nuque et ça me dérangeait. Plusieurs fois, j'ai failli perdre le fil de mes négociations avec les différents hôtels contactés. J'avais des frissons dans le dos et l'impression - l'envie ? - qu'il allait se passer quelque chose.

 

- Matt ? Ma-att ? Hey, réveille-toi, mon vieux

J'avais rangé toutes mes affaires, éteint le PC et je me tenais dans l'embrasure de la porte, mes sacs à l'épaule, tandis qu'Aubry réveillait Leroy. Apparemment, leur petit voyage en Allemagne les avait rapprochés, vue la familiarité qui semblait régner.

Sur le parking, j'ai tendu le papier sur lequel j'avais noté le nom de l'hôtel et l'adresse ainsi qu'un petit itinéraire à suivre pour y arriver. Aubry l'a pris et, profitant de ce que Matthew s'installait au volant de sa voiture.

- tu es sûre que tu ne veux pas que je te raccompagne. Il a vraiment l'air crevé.

C'était tentant mais une petite voix dans ma tête me disait de ne pas accepter. Naïvement, je m'imaginais que si je prenais place dans l'Audi que Leroy lui avait laissée, je mettrais le pied dans un engrenage qui m'emmenerait jusqu'à me réveiller le lendemain avec Aubry dans mon lit. Et ça, c'était la dernière chose censée à faire : j'avais déjà expérimenté. N'en jetez plus, merci.

Alors j'ai juste secoué la tête en souriant bêtement et je me suis assise sur le côté passager de la Vectra de Matthew en bégayant un au revoir précipité. Et j'ai fermé la portière.

Quand on a démarré, Matthew a semblé émerger du coma.

- Tiens au fait, vous vous connaissiez déjà, Aubry et toi ?

Heureusement qu'il faisait noir sinon il m'aurait clairement vue rougir.

- Hein ? Pourquoi ?

- Chais pas, z'aviez l'air de vous connaître, là, tout à l'heure...

J'ai haussé les épaules en descendant le chauffage : s'agissait pas que mon taxi s'écroule avant d'être arrivé à destination.

- Nan, rien à voir. T'as dû rêver, Matt.



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09/04/2005

Chapitre 6

ai pas résisté à l'envie de continuer....tant pis, z'aviez qu'à être là ;o)
 

- Pouvez-vous nous dire ce qu'il s'est passé ensuite ?

Moreino réprima une exclamation d'énervement.

- Ecoutez, cela fait au moins cinq fois que je vous le répète, soupira-t-il. Je suis allé, comme tous les jours, chercher le courrier dans le casier de la Direction Commerciale.

- Avez-vous remarqué quelque chose d'inhabituel ?

Cette fois, le jeune homme dévisagea l'Agente Trabajo qui, le nez pointé sur la table, cochait consciencieusement chacune des questions du formulaire de déposition de l'UDEV (Unidades de Delincuencia Especializada Y Violenta) avant de lever les yeux au ciel en secouant la tête, consterné par la stupidité du policier.

"C'est clair, celui-là est pour la paix des méninges" songea-t-il méchamment.

Mais Trabajo répétait la question, impatient d'obtenir une réponse claire et précise du témoin...et de remettre un rapport complet et détaillé au "Jefe" responsable de son stage. A 20 ans, l'Agente de Policia Mateo Trabajo entamait sa première année dans les forces de police et espérait voir l'aube de sa carrière couronnée par une promotion. Cette affaire-ci pourrait l'y aider, il le sentait, aussi s'assurait-il de ne laisser passer aucune question susceptible de l'aiguiller sur la piste du malfaiteur. Et peu lui importait d'outrepasser ses fonctions, généralement réduites à la prise de dépositions de délits anodins, de ceux qui jalonnent quotidiennement la vie d'une métropole, et d'empiéter sur le territoire d'une autre entité de la Police.

- Comment voulez-vous qu'il y ait eu quoi que ce soit d'exceptionnel ? railla Jorge d'une voix à peine contenue. Ce n'était qu'une lettre !

Le jeune agent rougit sous son hâle avant de lever des yeux flamboyants sur l'employé du "Pais".

- Je sais bien que c'était une lettre, Monsieur, mais cela ne vous dispense pas de répondre à la question !

Moreino sentit l'énervement prendre le dessus mais parvint à se contenir et se garda bien de répondre. Mais pourquoi Ciudad Lineal lui avaient-ils envoyé cet incapable ? Il avait pourtant été clair, tout à l'heure, au téléphone...

Et voilà qu'à présent, il devait composer avec un abruti zélé - la pire espèce - qui lui faisait perdre son temps et ne le rassurait pas sur les compétences de la Seguridad Ciudadana.

Inconscient des pensées de son témoin, Trabajo continuait, imperturbable.

- Quelle a été votre première réaction, Monsieur ?

- La même que la vôtre, ironisa le jeune homme : j'ai vomi.

L'agente rougit à nouveau mais ne pipa mot, c'était un souvenir qu'il convenait d'oublier le plus rapidement possible.

- J'ai régurgité le contenu de mon petit-déjeuner, récita-t-il à mesure qu'il écrivait la déposition du Madrilène.

Jorge sentit sa bouche s'étirer en un sourire sarcastique.

- Si vous voulez être parfaitement correct, c'était une collation : je ne déjeune jamais. De plus, le terme "régurgiter" n'est pas le plus adéquat.

- Quelle importance ? s'enquit Trabajo avec morgue. Le fait est là, vous avez vomi.

L'attitude à la fois arrogante et stupide du jeune policier nourrissait l'énervement de Moreino.

- Cela ne vous empêche pas de répondre correctement aux questions, que je sache. J'ai vomi, c'est tout.

L'agente se raidit un instant puis replongea sur son formulaire.

- Qu'avez-vous fait ensuite ?

- J'ai appelé le 091, aboya Jorge en se redressant, définitivement hors de lui.

Immédiatement, le bourdonnement habituel des couloirs du "Pais" s'interrompit et l'Assistant de Zapatejo sentit la présence tendue des occupants des bureaux voisins. Il les imaginait, le souffle suspendu et l'oreille dressée, à guetter les moindres paroles qui pourraient percer les minces murs de préfabriqué et les éclairer un peu plus sur le déroulement de l'interrogatoire.

Toutefois, Moreino en avait assez. Assez vu, assez entendu....et surtout assez dit.

- J'en ai marre, explosa-t-il. Ca fait cinq fois que je vous raconte la même histoire, cinq fois que vous hochez la tête d'un air entendu et que vous prenez des notes, toujours les mêmes ! Cette fois, ça suffit ! Madre de Dios ! je suis arrivé, je suis allé chercher le courrier, j'ai ouvert la lettre et j'ai vu la photo. C'est pourtant simple, non ? Vous êtes là pourquoi, tous comptes faits, hein ?

Quelques têtes commençaient à émerger dans le couloir et, au travers de la vitre de son bureau, Jorge voyait les regards interrogateurs et inquiets que s'échangeaient les secrétaires commerciales.

- Mierda, reprit-il, subitement plus calme, vous ne croyez pas que le plus pressant serait de faire analyser cette photo, identifier ce pauvre homme, essayer de trouver des empreintes, une piste, je ne sais pas moi...

Son regard croisa celui de Trabajo et ce qu'il y lut finit de le décourager.

Ce dernier, pâle de rage et d'humiliation, avait déjà saisi ses menottes.

- OK, Monsieur essaie de jouer au plus malin ? Je vous emmène au poste, moi, Monsieur. Outrage à agent dans l'exercice de ses fonctions !

Quelques minutes plus tard, les deux hommes se retrouvèrent au Comisaria de la Traversia Virgen de la Roca, à quelques rues des bureaux du "Pais".

Héberlué, Jorge, menottes toujours aux poings, assistait à un spectacle qui, loin de le réjouir, confirmait la vision qu'il avait eue des forces de la Seguridad.

- Cojones ! hurlait le Jefe de la Policia face à un Trabajo complètement livide. Mais comment peut-on être aussi idiot, tu peux me le dire, hein, cabron ?

La colère s'étant calmée d'elle-même, Moreino éprouvait une compassion sincère pour le malheureux agente qui essuyait les foudres de son supérieur. Le policier maintenant ne ressemblait plus qu'à ce qu'il était réellement : un pauvre gosse désorienté, déscolarisé trop tôt et immédiatement embrigadé dans les forces de l'ordre. Très certainement nourri aux blockbusters américains et rêvant d'un impossible acte héroïque...

- Mais Jefe, c'est cet homme qui...

- Plus un mot, rugit le Jefe. Tais-toi, tu m'entends ?

Le garçon baissa les yeux et battit en retraite. Au moment où il s'apprêtait à sortir, son supérieur le rappela durement à l'ordre.

- Et détache Monsieur !

Les joues en feu, le malheureux s'exécuta, non sans adresser un regard assassin au "témoin".

- Maricon, murmura-t-il entre ses dents avant de s'enfuir.

Estomaqué, Moreino fixa longuement la porte par laquelle venait de disparaître l'agente, n'osant croire à la réalité de l'insulte. Il se massait convulsivement les poignets, cherchant à effacer la moindre réminiscence des anneaux de métal.

Enfin, la maigre silhouette du Jefe vint obstruer son champ de vision. Une main se tendait vers lui, qu'il prit par automatisme

- Pablo Da Silva, se présenta le policier d'une voix mielleuse. Excusez-nous pour ce désagrément, Monsieur, le petit est jeune et impulsif...il doit encore apprendre le métier.

Peu enclin à pinailler, sa combativité ayant disparu avec les éclats de voix des dernières minutes, Jorge hocha la tête en silence.

- J'ai contacté la Jefature Superior de Madrid, Monsieur. Cette affaire ne relève pas de nos compétences. Un des agents de l'UDEV sera là d'un instant à l'autre pour vous accompagner. Désirez-vous quoi que ce soit à boire en attendant ?

Chaque phrase de Da Silva était ponctuée d'un même hochement de Jorge qui se remettait peu à peu de ses émotions.

- Avez-vous du café ?

Le Jefe sourit et Moreino put remarquer ce qu'il y avait de soulagement dans ce simple geste. Le policier venait de s'assurer que le témoin ne porterait pas plainte contre les pratiques un peu expéditives de sa jeune recrue.

- Evidemment, Monsieur. Lait ? Sucre ?

- Noir, sans sucre. J'ai besoin d'un remontant

Le sourire s'effaça aussi vite qu'il était venu mais Da Silva ne releva pas, il interpella l'agent affecté à l'accueil et lui demanda brièvement d'apporter les boissons.

Enfin, un inspecteur en civil fit son apparition.

- Jefe Da Silva ? Inspector Riad, de l'UDEV.

Le Jefe se redressa quelque peu, se constituant une attitude à la fois digne et paternelle.

- Inspector ! voici Mr Moreino, du "El Pais", notre témoin, énonça-t-il en désignant Jorge du plat de la main.

- Monsieur Moreino, excusez-moi d'arriver si tard, commença cordialement l'inspector en le saluant.

Jorge secoua la tête en esquissant un faible sourire. Un coup d'oeil à sa montre indiquait la première heure de l'après-midi.

Riad s'était détourné et entamait une discussion rapide avec Da Silva. Enfin, à l'exclamation atterrée de l'Inspector, le sourire s'affranchit.

- Comment ? Il a oublié les pièces à conviction ?!

Le Jefe bafouilla une réponse rapide, résumant succinctement la situation mais l'autre l'interrompit froidement.

- C'est bon, laissez tomber, Jefe. De toute façon, ceci n'est plus de votre ressort, on s'en charge.



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04/04/2005

A moins que....

...vous ne préféreriez que je continue seule en vous livrant le récit au fur et à mesure...  whistle.gif wink.gif

16:31 Écrit par CSI | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

02/04/2005

To be or not ????

Bon, nous voici bloqués depuis deux bonnes semaines, toujours aucun avancement....que faire ?
 
Demander de l'action supplémentaire ou essayer de décortiquer ce qu'on a ?
 
....c'est à vous de le décider....et si vous ne faites rien, alors l'histoire restera au point où elle en est....

20:13 Écrit par CSI | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |